104 La Beytour, Felletin - Accrochage # 2, 9 mai 2018

A la faveur du premier accrochage 
réalisé à la Galerie 104 La Beytour, Felletin,
et si l'on considère les œuvres 
présentées précédemment dans un autre contexte,
force est de reconnaître, pour une fois au moins,
la faiblesse intrinsèque de la « white box » 
(quel que soit le talent des commissaires) et,
partant, d'envisager son obsolescence prochaine.
Une installation dans la galerie des Glaces serait,
sur ce sujet, comme une alerte.
Et une installation au 104 La Beytour, Felletin,
pour l'heure « dans son jus », une alerte plus grave encore !

Pourtant, « ce qu'il a de bien avec le blanc,
c'est qu'il va avec tout », avait-on longtemps entendu.
De même, avec le noir.
Pour ne rien dire du beige !
Heureux temps des consensus.
Alors que la tapisserie du « papier-peint 
à motif cachemire des années 1980 
de l'ancienne maison de Marie P*** », n'est-ce pas ?
Le monde de l'art a parfois de ces a priori !
Pourtant encore, le fond du papier-peint qui porte le motif
est beige. C'est peut-être la raison.
Ou, à Versailles, la lumière miroir ou bien celle du doré...

Ce second accrochage a été réalisé en janvier 2018,
par un pauvre soleil d'hiver (alors que celui-là peut être très brillant dans la Creuse, même en hiver). 
On sait d'autre part que la Galerie 104 La Beytour, virtuelle,
ne dispose pas de l'électricité.
Pour la prise de vues, je m'étais refusé à utiliser un flash, pensant (bien à tort, le premier accrochage ayant démontré tout le contraire) qu'il allait en résulter des reflets parasites sur les verres des encadrements. 
J'avais donc opéré portes et fenêtre ouvertes, 
et c'est ainsi que sont venus parfois ces reflets bleus
si inattendus (mais le croira-t-on ?) 
et tellement « en harmonie »...
Et pourtant, le bleu ne va pas nécessairement avec tout !





Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire
de l'ancienne maison de Marie P***,
de haut en bas & de droite à gauche :
1. « Échantillon de papier-peint à motif cachemire,
circa 1980, (Maison de Marie P***,
ancienne rue de la Beytour, Felletin)
prélevé par Hervé MOLLA, 2017 »,

57 x 57 mm (soit 3 modules de 19 x 19 mm au carré),
avec cartel & sous passe-partout, verre anti-reflets Clarity®
et encadrement en chêne naturel
2. « Gouache anonyme & inachevée
provenant d'un album amicorum
du Maréchal Marmont, duc de Raguse
(Châtillon-sur-Seine, 1774 - Venise 1852) »

[cf note 1 en pied d'article],
261 x 201 mm à la vue, avec cartel,
sous encadrement assorti au précédent
3. « Sampling d'une couleur : bleu,
d'après un papier-peint
de l'ancienne rue de la Beytour (Felletin)
ou bien d'une gouache de l'ancienne collection
du maréchal Marmont »,

collage de 441 onglets sur Canson®, 400 x 400 mm au sujet,
sous encadrement assorti aux précédents
4. Portrait en buste du maréchal-duc de Raguse,
avec fac-similé de sa signature,

lithographie par François Delpech
[cf note 2 en pied d'article],
161 x 122 mm à la vue,
sous encadrement assorti aux précédents.
© Hervé MOLLA - 2018



Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrements 1 & 2
© Hervé MOLLA - 2018


Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrement 1
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrement 1
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrement 2
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrement 3
© Hervé MOLLA - 2018



Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrement 3
(détails du collage d'onglets et de la tapisserie)

© Hervé MOLLA - 2018


Hervé MOLLA,
quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
encadrement 4
© Hervé MOLLA - 2018



Comme souvent, un siège 
(ici un fauteuil de jardin en plastique du commerce)
vient parfaire l'installation...


Hervé MOLLA,
Installation : quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
fauteuil en plastique du commerce

© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
Installation : quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
filet à provisions en coton de l'agriculture biologique
« fabriqué en Inde »
sur fauteuil en plastique du commerce

© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
Installation avec quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
investie par l'Artiste lui-même,
tenant son filet à provisions en coton
de l'agriculture biologique « fabriqué en Inde »
et siégeant sur un fauteuil en plastique du commerce

Photo DR - 2018

Hervé MOLLA,
Installation avec quadruple accrochage
sur le papier-peint à motif cachemire, etc.,
désinvestie par l'Artiste lui-même,
ayant quitté le siège en plastique du commerce
avec son filet à provisions etc.,
en quête probable de nouveaux échanges
© Hervé MOLLA - 2018

Oui, c'est cela : « en quête probable de nouveaux échanges ».
[cf note 3 en pied d'article]


104 La Beytour, Felletin - Accrochage # 1, 8 mai 2018

La date est factice.
D'autre part, l'accrochage, et bien qu'il porte ici le # 1,
n'est peut-être que le second (pour l'instant) opéré dans le Lieu ; 
mais c'est le premier dont il est rendu compte ici.
Le Lieu, lui, est réel et véridique (et toujours virtuel) :
104 La Beytour, Felletin.

C'est ainsi que le Lieu possède un toit, et même une toiture :
l'une des deux toitures de Felletin restaurées de la manière la plus juste qui soit (à mon avis).
Je donnerai le nom de l'artisan une autre fois, s'il veut bien.
Et je monterai une autre fois au clocher de l'église Sainte-Valérie
pour prendre des photos (car on ne voit guère la toiture du Lieu que de là) ; mais on en aura un aperçu dès l'instant avec cette vue de la lucarne de toit.



104 La Beytour, Felletin
Lucarne de la maison
(terre cuite & bardeau de châtaignier)
© Hervé MOLLA - 2018

Mais on entre normalement par la porte qui donne sur l'ancienne rue de la Beytour (alors que l'adresse postale est différente, mais ne compliquons pas) ; d'où le nom du Lieu : 104 La Beytour, Felletin.
Je dirai une autre fois pourquoi le nombre 104.
Car la chose est assez stupéfiante pour mériter un article entier.



104 La Beytour, Felletin
Porte d'entrée de la galerie.
© Hervé MOLLA - 2018

Dès le seuil, et bien qu'il n'y ait pas encore l'électricité,
on aperçoit (sur le mur du fond) une œuvre célèbre et qu'on aura reconnue ; célèbre en effet puisque, si elle a été vue (et peut-être même regardée) par quelques dizaines de personnes en mars dernier et dans un autre contexte, elle a depuis été vue ici-même (et n'en a pas fini), dans sa représentation, par des milliers d'autres personnes, et va l'être par d'autres encore dans cette nouvelle représentation.



Sampling bleu au modèle,
accrochage sur papier-peint à motif cachemire
(ancienne maison de Marie P***) :

1. Mira VIGNERON (Paris, 1817 - 1884),
« Portrait d'une dame de qualité, à la coiffe de dentelleset aux rubans bleus » [titre fictif],
pastel à vue ovale tendu sur toile,
signé « Mira Vigneron » et daté « 1856 »,
dans son cadre vitré d'origine, doré et à décor de perles,
69 x 60 cm (53 x 44 cm à la vue).
2. Hervé MOLLA,
« Sampling d'une couleur : bleu, 
d'après le Portrait d'une dame de qualité, etc. »,

collage de 441 onglets sur Canson®,
titré, signé & daté « 2017 »,
sous passe-partout & cadre vitré, doré et à décor de perles,
67 x 67 cm (40 x 40 cm au sujet).
© Hervé MOLLA - 2018


Marie Mira Vigneron, dite Mira Vigneron 
(Paris, 28 sept. 1817 - 4 juin 1884), 
est un peintre de portraits qui fut l’élève de son père, 
Pierre-Roch Vigneron (Vosnon, Aube, 1789 - Paris, 1872), 
peintre d’histoire, de genre et de portraits, ainsi que lithographe, lui-même élève de Jacques-Louis David, d’Antoine-Joseph Gros et de Claude Gautherot dont il deviendra le gendre. 
Mira Vigneron est remarquée au Salon de 1847 pour « le portrait à l’estompe d’une charmante jeune femme [il ne s’agit donc pas de la dame de notre tableau qui, on en conviendra, est tout sauf « charmante »], debout, avec une écharpe de velours noir, tombant négligemment sur la taille ». 
(Salons de T. Thoré, Jules Renouard Éd., Paris, 1870). 
Par ailleurs, on lui doit un pastel (1860) d’après la copie (on ne sait par qui), alors conservée au Louvre, de La Vierge à la chaise de Raphaël. 
(Lettre de sollicitation conservée aux Archives nationales, Musée du Louvre, département des peintures). 
Autre mise en abîme, avec le présent Sampling, mis en présence de son modèle et, espère-t-on, indissociables.

Hervé MOLLA,
accrochage sur un papier-peint à motif cachemire
(années 1980, ancienne maison de Marie P***,
rue de la Beytour, Felletin)
du 
« Portrait d'une dame de qualité, etc. »
par Mira VIGNERON (Paris, 1817 - 1884)

© Hervé MOLLA - 2018


Mira VIGNERON,
détail de la signature du pastel
© Hervé MOLLA - 2018




Hervé MOLLA,
accrochage sur un papier-peint à motif cachemire
(années 1980, ancienne maison de Marie P***,
rue de la Beytour, Felletin)
du 
« Sampling d'une couleur : bleu, 
d'après le Portrait d'une dame de qualité, etc. »,

par Hervé MOLLA
© Hervé MOLLA - 2018


Hervé MOLLA,
installation faisant intervenir
un châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm

Galerie 104 La Beytour, Felletin
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
installation faisant intervenir
un châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm

Galerie 104 La Beytour, Felletin
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm

Galerie 104 La Beytour, Felletin
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm,
détail du dossier en attente de tapisserie,
sur fond de papier-peint à motif cachemire, etc.

Galerie 104 La Beytour, Felletin
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm,

détail du dossier en attente de tapisserie,
sur fond de papier-peint à motif cachemire, etc.

Galerie 104 La Beytour, Felletin
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm,

détail d'un pied sur tapis de bain bleu
de la maison Becquet®.
© Hervé MOLLA - 2018

Hervé MOLLA,
installation faisant intervenir
un châssis de fauteuil de style Louis XV
en hêtre marouflé d'onglets 
d'or sur kraft
au module 19 x 19 mm

Galerie 104 La Beytour, Felletin
© Hervé MOLLA - 2018

Cette installation, avatar de mon travail de sampling,
dans un contexte d'inachèvement,
et faisant une nouvelle fois intervenir le siège, 
objet de l'histoire de l'art éminemment connoté, 
participe également de mes Chambres avec vue.

Crac, c'est le printemps ! Au CRAC du Tremblay # 3 - 20 mars 2018

Lors de ces « Cimaises de printemps » au CRAC du Tremblay, il m'a fallu ajouter que, troisièmement, je collectionne depuis toujours les onglets (en quelque sorte « surnuméraires ») résultant aussi bien de mes travaux de sampling que, plus généralement, de tous mes découpages (papiers préparés ou bruts, tissus, etc.), qu'ils soient d'expérience ou réalisés à titre expérimental...
J'ai eu l'idée d'organiser ces reliquats d'onglets dans de « petits formats » où les associations qu'ils opèrent renvoient (mais de manière « anonyme » pourrait-on dire, ou au moins avec une discrétion rare aujourd'hui) à des œuvres plus vastes et qui se trouvent aujourd'hui dispersées ou qui demeurent à l'état virtuel, dans l'attente d'un contexte...

C'est pourquoi cette série porte le titre générique de « Racines & reliquats » ; chaque petit format étant simplement affecté d'un numéro d'ordre.



Racines & reliquats,
collages de 84 onglets,
30 x 40 cm.
© Hervé MOLLA - 2018

Crac, c'est le printemps ! Au CRAC du Tremblay # 2 - 20 mars 2018

Deuxièmement, je collectionne les terres cuites ; et de longue date.
Je ne parle pas des œuvres en céramique, ce que l'on sait,
mais des fragments collectés sur le terrain,
à la faveur de visites, de promenades & de randonnées.
Nulle fouille, clandestine ou médiatique !,
mais des trouvailles fortuites et immédiates...
D'ailleurs, il faut bien souligner qu'on en trouve à peu près partout, des tessons et des tesselles ; tant il y a des hommes et partout où il y a de l'argile.
Les fragments sont conservés dans des bocaux de verre (généralement Le Parfait®, mais il peut arriver que certains bocaux soient de remploi, eux-mêmes ayant été collectés ici ou là) avec mention du lieu et de la date de la collecte.
De ces fragments de terre cuite (de ces échantillons), je réalise des samplings (qui sont « mis en regard »).
Les fragments n'ont aucune valeur reconnue ; pas même archéologique, et pas même marchande : plus aucune valeur d'usage n'y est attachée, plus aucune valeur d'échange.
Les samplings dont ils sont issus, eux, oui : « Ça a d'la valeur ! »
Il pourrait donc s'en trouver à parler de larcins.
Pour les « Cimaises de printemps » au CRAC du Tremblay,
je me suis donc montré raisonnable :
j'ai laissé en place les trois briques que j'avais avisées
au portail « brique et pierre » qui donne accès au Centre d'art.
Je n'ai pris que l'image. 
Et le « droit à l'image » ?
Je m'en remets donc, comme toujours lors de mes prélèvements, à l'esprit du lieu et sais pouvoir compter ici sur la bienveillance de Mme Ghislaine Vetter, maîtresse de celui-là.




Sampling, en 441 onglets,
de trois briques consécutives, prises au portail
du CRAC du Tremblay, à Fontenoy-en-Puisaye,

collage sur Canson®, 50 x 50 cm.
© Hervé MOLLA - 2018

Détail de l'œuvre précédente
© Hervé MOLLA - 2018

Pour voir les trois briques originelles prises (en photo)
au portail du Centre d'art, il faudra s'y rendre...

Crac, c'est le printemps ! Au CRAC du Tremblay # 1 - 20 mars 2018

« Molla », en italien, veut dire « ressort », je crois.
Quant à « ressort », il se dit « spring » en anglais ; « spring » qui, dans cette même langue, veut aussi dire « printemps ».
Probablement est-ce affaire de contexte.
Ingénieux hidalgo (moi qui ne suis pas manchot, ni de la Mancha, non plus), par le truchement de l'italien, de l'anglais et du français, je suis donc à jamais le printemps.
En guise d'introduction à un travail si sérieux, on voudra bien me pardonner cette plaisanterie que je crois très française (aussi pourrais-je paraphraser un vieil aveu ou une vieille revendication, aujourd'hui moins célèbres que son auteur : « I am a French Artist and I have no guilt »).
Sinon tant pis, c'est faux pli et repli pseudo-identitaires !
Je ne vais certainement pas m'excuser !
Et aujourd'hui, 20 mars 2018, et comme une fois l'an, et pour trois mois, il n'y a rien de plus contemporain que le printemps.
C'est donc tout naturellement que j'ai participé aux « Cimaises de printemps », une exposition de groupe (du 2 au 25 mars) au Centre régional d'art contemporain (CRAC) du Tremblay, à Fontenoy-en-Puisaye et par un temps de chien.
Pour la première édition de cette manifestation, le propos était de réunir des œuvres présentées par leurs créateurs et d'autres présentées par différents collectionneurs (et avant la dispersion souhaitée, aussi complète que possible, et des unes et des autres). 
D'ailleurs, quel artiste ne serait pas collectionneur ?
Et un collectionneur (d'œuvres d'art ou d'autre chose) n'est-il pas lui-même artiste ?
(Je reviendrai sur ces questions dans un prochain article consacré à la genèse de la « Galerie 104 - La Beytour », Felletin).
Toujours est-il qu'à l'occasion des « Cimaises de printemps », il m'a été offert de présenter des travaux récents (et l'un d'entre eux totalement inédit, même) se rapportant à la « collection », de trois manières différentes...