Pages

14 février 2021 - Je célèbre la Saint-Valentin

J'avais récupéré, en remerciement peut-être de quelque menu service ou de ce qui pouvait passer pour tel, il y a peut-être deux ou trois ans maintenant, avec quelques lambeaux de papiers-peints prélevés aux murs lépreux d'une maison sans grand caractère mais qui fut sans doute « cosy » autrefois et dans la perspective de sa restauration, et parmi tout un bric-à-brac de vaisselle dépareillée, de chaises encore garnies pour la plupart de leur paille de seigle mais auxquelles il manquait tantôt le dossier et tantôt le quatrième pied (chaises dont il faudrait deux pour en refaire une), de linge de table, de lit et de corps mangé à la pisse de souris, et que les nouveaux  propriétaires de la maison ainsi garnie à craquer entendaient vendre des fortunes sur des vide-greniers (et pour autant que les anciens propriétaires eussent, quant à eux, définitivement abandonné tout ou partie du mobilier et renoncé à l'espoir de le vendre eux-mêmes sur d'autres vide-greniers ou bien peut-être encore sur Le Bon Coin ; ce qui abrège toutefois la tristesse de se défaire d' « objets de famille »), dans ce contexte j'avais donc récupéré deux chromolithographies qui disent assez bien  « l'esprit du lieu » et celui des gens, me semble-t-il.


Chromolithographie de la Belle Epoque
offerte à Hervé MOLLA
© Cliché Hervé MOLLA - 2021



Dans l'état qu'elles se trouvaient, et comme les lambeaux de papiers-peints d'époques successives avec lesquels elles avaient longtemps cohabité, les deux chromolithographies étaient invendables, évidemment, et même pour des as du petit commerce !
(Pourtant, c'était encore le monde d'avant la Covid-19)
Et c'est peut-être la vraie raison pour laquelle il m'en avait été fait présent : c'était invendable, tout comme les lambeaux des papiers-peints (car non, ce n'était pas des papiers-peints dominotés, ou des panoramiques), mais avec cette raison supplémentaire (ou plutôt ce motif supplémentaire, car parler ici de « raison » est particulièrement inapproprié) qu'on ne peut pas jeter à la poubelle jaune deux chromolithographies dont l'accrochage, autrefois, a assuré la prospérité de la maison ; a assuré au moins une conscience apaisée dans la prospérité de la maison.
Un malheur est en effet si vite arrivé !
Les chromolithographies ne comportent-elles pas nommément cette promesse : « Je bénirai les maisons où l'image de mon cœur sera exposée et honorée » ?
Quid des autres ? Des autres maisons ; celles où l'image n'est pas exposée, ou bien, pire, celles où ne l'est plus ?
Mais continuer de l'exposer dans cet état ?
Une chose est certaine : les deux chromolithographies avaient longtemps été exposées aux infiltrations d'eau et aux chiures de mouches.
La promesse en retour exige bien que l'image soit « exposée ET honorée ».



Seconde chromolithographie
offerte à Hervé MOLLA,
encore plus endommagée que la première
© Cliché Hervé MOLLA - 2021


C'est être artiste que faire de l'art avec du non-art.
Aussi, les deux chromolithographies exposées et déshonorées ne pouvaient-elles tomber en de meilleures mains...


La double nature du Christ, composition en 441 onglets
(d'après deux chromolithographies de la Belle Epoque),

collage sur Canson®, 50 x 50 cm,
© Hervé MOLLA - 2021



La double nature du Christ, composition en 441 onglets
(d'après deux chromolithographies de la Belle Epoque),

collage sur Canson®, 50 x 50 cm, détail
© Hervé MOLLA - 2021



La double nature du Christ, composition en 441 onglets
(d'après deux chromolithographies de la Belle Epoque),

collage sur Canson®, 50 x 50 cm, détail
© Hervé MOLLA - 2021



La double nature du Christ, composition en 441 onglets
(d'après deux chromolithographies de la Belle Epoque),

collage sur Canson®, 50 x 50 cm, détail
© Hervé MOLLA - 2021


On ne manquera pas de mettre l'œuvre en relation 
avec mon travail générique Blue4Boys-Pink4Girls
Et qui a connu dernièrement un nouvel avatar.


31 janvier 2021 - Je suis tombé à nouveau sur un certain M. Trump

 C'est par la duchesse d'ABRANTÈS que j'ai rencontré ce TRUMP pour la première fois, le 19 octobre 2019 selon mon carnet Moleskine®.

Hervé MOLLA
Carnet Moleskine® de l'Artiste
à la date du 19 octobre 2019
© Cliché Hervé MOLLA - 2021



Laure JUNOT, duchesse d'ABRANTÈS
Mémoires complets et authentiques
Souvenirs historiques sur Napoléon,
la Révolution, le Directoire, le Consulat, l'Empire,
la Restauration, la Révolution de 1830
et les premières années du règne de Louis-Philippe

T. II, p. 15
Jean de Bonnot Éd., Paris, 1968
© Cliché Hervé MOLLA- 2021


Les nouvelles importantes se succèdent à un rythme fou en ce début d'année 2021 et on oublie aussi tellement vite qu'il me faut placer ici et maintenant l'anecdote. 
Encore quelques mois et on se demandera peut-être qui est ce M. Trump dont les facéties sont encore présentes aujourd'hui dans les esprits ; et s'il faut alors mobiliser son moteur de recherche, mon clin d'œil de nouvel an aura moins d'effet.

On me pardonnera aussi de ne pas avoir livré l'anecdote plus tôt ; en raison du fait, comme le dit très justement la Duchesse, que « ce sont des souvenirs évoqués par des souvenirs [...]
« Ainsi point d'étonnement si quelquefois j'interromps un récit pour en commencer un autre. » (Op. cité, T. I, dernière page)

17 décembre 2020 - Je me mets au « Name & Shame » comme tout le monde

Dans un précédent article consacré à l'armure de Jeanne d'Arc qui aurait été conservée dans la tour du château de Pinon, je m'étais gentiment moqué d'un article du Journal du Valais qui annonçait cette découverte dans son numéro du mardi 12 mai 1908.
J'ai eu bien tort de me moquer gentiment.
C'est « Name & Shame » qu'il aurait fallu faire !

Parmi les notes de mon carnet Moleskine®, cherchant autre chose pour alimenter ce blogue et clôturer ainsi cette année 2020, je tombe, entre le 26 septembre 2019 et le 10 octobre 2019, sur cette double page qui recopie un article du Gaulois, du 10 mai 1896 (que l'on doit pourvoir retrouver en facilement en ligne, sans le secours d'un lien que je poserais).


Hervé MOLLA
Double page d'un de ses carnets Moleskine®
entre le 26 septembre & le 10 octobre 2019
où l'Artiste a recopié un article du Gaulois
du 10 mai 1896
© Hervé MOLLA - 2020


Ma copie de l'article du Gaulois (cf note en bas de page), du 10 mai 1896 dit ceci :

« Au moment où l'on célèbre à Orléans et à Paris la fête de Jeanne d'Arc, on vient de retrouver précisément l'armure de la vaillante héroïne que jusqu'à présent on croyait perdue.
L'armure de Jeanne d'Arc se trouve au château de la Tour de Pinon, dans l'Aisne.
En 1830, le marquis de Courval, propriétaire de ce château, fit élever une tour gothique et y rassembla un curieux musée d'armes anciennes. C'est dans l'une de ces salles que figure l'armure de Jeanne d'Arc, armure dont l'authenticité paraît établie par la tradition.
Jeanne la reçut de Charles VII à Bourges, qui l'avait commandée exprès pour elle. Aussi la cuirasse diffère-t-elle des pièces analogues datant de la même époque. Le bombement particulier de la partie destinée à recouvrir la poitrine indique que l'armure était destinée à une femme.
Les pièces sont en acier poli, et ressemblent à celles qui figurent dans les œuvres de Viollet-le-Duc et qui ne font que reproduire des enluminures du Moyen-Âge.
Le château de la Tour de Pinon appartient actuellement à la fille de M. de Courval, Mme la princesse de Poix. »

Si l'on s'intéresse à mon travail Séparation / Réunion, Image / Objet, Original / Copie, Sampling, etc., on aimera sans doute, et jusque dans l'infiniment petit des détails, infiniment savoureux !, le rapprochement opéré entre l'article du Gaulois de 1896 et celui du Journal du Valais de 1908.
« On vient de retrouver l'armure de Jeanne d'Arc » ; à l'heure des twitts et des twits on retiendra surtout que les fake news ne sont pas d'aujourd'hui.
Et le plagiat non plus.
Le Journal et la Feuille du Valais, shame on you !


Note :
Cette occurrence du Gaulois me fait penser à signaler dès à présent Arthur MEYER, sur qui j'aurai à revenir puisque je lui succède dans la transmission d'une œuvre bien belle et bien importante...

13 décembre 2020 - Je me suis souvenu d'un figuier de Barbarie arborescent

je me suis souvenu que j'avais un figuier de Barbarie à la maison, et sans devoir aller courir dans mon arrière-cour comme tous ces temps derniers !
Le nopal, après être devenu un figuier de Barbarie, entre autres et après tout, peut bien être aussi une plante d'intérieur qui s'achète en jardinerie...
Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce n'est pas dans une jardinerie mais chez une antiquaire, marchande de tableaux et de dessins, que j'ai trouvé mon figuier qui est de même provenance qu'un autre objet à l'origine d'une action artistique menée le dimanche 1er juillet au parc de Villegénis en Hurepoix et qui avait fait se télescoper trois glacières.
Il s'agit en réalité, on l'a compris, non pas d'un « vrai » figuier, mais de l'image d'un figuier que l'on peut cependant véritablement dire « de Barbarie » (parler ici de « nopal », dans un contexte tout autre que celui de mon précédent article - et même si l'un se trouve lié à l'autre - serait d'une affectation ridicule) puisqu'il a été saisi à Tlemcen, le 22 mars 1849 ; et qu'il est très improbable qu'à cette époque-là, rencontrant cette plante arborescente et la trouvant suffisamment pittoresque, ou au moins suffisamment remarquable, pour la peindre, justement, un officier de l'armée française engagée depuis presque deux décennies dans la conquête, lui ait donné le nom de « nopal ».
C'eût été pousser le goût de l'exotisme un peu loin...


Adolphe Alfred Michel JUNOT,
dit « le marquis d'ABRANTÈS »,
3e duc français d'ABRANTÈS en 1851
(Ciudad Rodrigo, Espagne, 1810 -
Bataille de Solférino, Italie, 1859)
Figuier de Barbarie arborescent,

aquarelle sur traits de crayon, située et datée
en bas et à droite : Tlemcen, 22 mar[s 1849],
125 x 195 mm,
d'une suite réalisée entre 1840 et 1852
lors de la conquête de l'Algérie
© Coll. Hervé MOLLA - 2020



Adolphe JUNOT, né à Ciudad Rodrigo (Espagne) le 15 novembre 1810, quatre mois après la prise de la ville par les troupes françaises, est le quatrième enfant et le second fils du général JUNOT, premier duc français d'ABRANTÈS et de la duchesse, née Laure PERMON (les liens que je donne ici visent à renvoyer à des informations factuelles ; cependant, certaines connotations rencontrées à ces occasions me semblent animées par une malveillance dont il faudrait examiner les fondements).
Officier d'État-major, il participera aux campagnes de 1840 et de 1848 à 1852 en Afrique du Nord.
De ces campagnes, il rapportera de nombreux dessins et aquarelles, aujourd'hui dispersés et dont j'ai pu sauvegarder de manière privée des images numériques, et acquérir quelques originaux (tels ceux reproduits dans cet article) que je me fais un devoir de rendre publics alors que certains présentent un intérêt historique, et des plus importants.
J'y reviendrai le moment venu.
Capitaine de 1ère classe le 23 septembre 1845, Adolphe JUNOT deviendra aide-de-camp du général de MAC MAHON (ce dernier futur président de la République) le 23 septembre 1848 et sera promu chef d'escadrons le 10 mai 1852.
En 1851, Adolphe JUNOT avait succédé à son frère en tant que duc d'ABRANTÈS.
Aide-de-camp du prince JÉRÔME NAPOLÉON le 9 janvier 1854, officier de la Légion d'honneur en 1855, il accompagnera le prince en 1856 lors de son « Voyage dans les mers du Nord à bord de la corvette La Reine Hortense » (relaté par Charles Edmond CHOJECKI, publié par Michel LÉVY Frères, Paris, 1857 ; et illustré en partie d'après des aquarelles du duc d'ABRANTÈS, précisément).
Lieutenant-colonel d'État-major, il mourra le 19 juillet 1859 à Brescia (Italie) des blessures reçues quelques semaines plus tôt à la bataille de Solférino.


Adolphe Alfred Michel JUNOT,
dit « le marquis d'ABRANTÈS »,
3e duc français d'ABRANTÈS en 1851
(Ciudad Rodrigo, Espagne, 1810 - 
Bataille de Solférino, Italie, 1859)
Figuier de Barbarie arborescent,

aquarelle sur traits de crayon, située et datée 
en bas et à droite : Tlemcen, 22 mar[s 1849],
125 x 195 mm
(d'une suite réalisée entre 1840 et 1852
lors de la conquête de l'Algérie),
sous encadrement moderne, 340 x 370 mm
© Coll. Hervé MOLLA - 2020


Le figuier d'Alphonse JUNOT est remarquable par sa taille : le personnage indigène, debout à l'extrême droite de l'aquarelle, à la limite de la feuille de papier (et que l'on n'avait peut-être pas remarqué, alors qu'on se pique de savoir lire les images, ou peut-être pas remarqué parce qu'un « personnage indigène », n'est-ce pas, et qui n'est pas le sujet de la représentation) donne l'échelle. 
Oui, c'est le personnage indigène qui donne l'échelle du figuier arborescent.
A côté, le mien, mon figuier, celui dont je suis l'indigène, celui de ma backyard est minable ! Non pas à cause de moi, mais dans l'absolu ! Oui mais le mien porte des fruits dont les épluchures m'ont permis de produire de merveilleux collages !
Mais cette présence/absence de fruits est tout ce qu'il y a de plus normal : l'image de mon figuier a été saisie en novembre, alors que celle du figuier d'Adolphe JUNOT l'a été en mars... L'année manque, mais il est très probable que c'est en 1849. 
En effet, dans cette suite de dessins et aquarelles rapportés par Adolphe JUNOT de la conquête de l'Algérie entre 1840 et 1852, et désormais dispersée (je le redis), deux aquarelles sont situées (au crayon) à « Tlemcen » et sont datées de « novembre 1848 » : 
- une vue de la « mosquée Sidi Brahim » (205 x 250 mm), 
- une autre d'un « café maure » (135 x 220 mm) ; 
tandis que deux autres, elles aussi situées à « Tlemcen », sont datées d'un autre moment de l'année : 
- l'une, en « février 1849 », représente « le marché de la porte d'Oran » (215 x 290 mm), alors que 
- l'autre (celle du figuier arborescent) ne porte que le nom du mois, mar[s 1849 ? C'est le plus vraisemblable].

En mai et juin 1852, Adolphe JUNOT est de l'expédition du général de MAC MAHON à l'autre bout de l'Algérie, en Kabylie orientale.
Le 6 juin, il réalise cette aquarelle représentant un « Ouled Aïdoun soumis » (ainsi légendée).



Adolphe Alfred Michel JUNOT,
3e duc français d'ABRANTÈS
(Ciudad Rodrigo, Espagne, 1810 - 
Bataille de Solférino, Italie, 1859)
Ouled Aïdoun soumis,

aquarelle sur traits de crayon, titrée et datée 
en bas et à droite : O. Aidoun soumis, 6 juin [18]52,
120 x 85 mm,
d'une suite réalisée entre 1840 et 1852
lors de la conquête de l'Algérie
© Coll. Hervé MOLLA - 2020

On comprend qu'il s'agit d'un guerrier appartenant l'une de ces multiples tribus kabyles qui ont été hostiles aux troupes françaises d'occupation ou bien au contraire leurs alliées, et souvent successivement, dans un sens ou dans l'autre.
Sans doute en est-il ainsi dans tous les pays et dans tous les temps, depuis que la guerre existe ; surtout lorsqu'une puissance étrangère entre en lice qui vient profiter des divisions, les attiser et même tenter de rassembler sous sa bannière.
Séparation / réunion : artistiquement, je connais ça !

La question que je me pose devant cet « Ouled Aïdoun soumis » est de cette nature : Quel est ce costume ? En quoi consiste-t-il ? En particulier, quelle est cette pièce de vêtement, figurée en brun foncé, qui ressemble à une fourrure et qu'il porte sur le dos ? On dirait en effet que la vue a été prise depuis un quart arrière dans le seul but de montrer cette pièce de vêtement, tant elle serait importante. Plus encore, quelle est ce curieux couvre-chef ? Il semble fait d'éléments végétaux frais coupés, tressés en couronne...
Ces détails vestimentaires si particuliers étaient-ils le propre des guerriers de la tribu des Ouled Aïdoun, dans ces années 1850 ? Ou bien étaient-ils adoptés par eux lorsqu'ils entendaient marquer une allégeance, ainsi que la légende de l'aquarelle pourrait le laisser supposer ?
On entend souvent reprocher aux œuvres d'artistes qui nous sont contemporains (je l'ai entendu parfois à propos de mon propre travail) d'être « incompréhensibles » ; et ce lieu commun, mainte fois répétés, s'estime encore des plus recherchés !
Alors qu'évidemment, en France toujours, n'importe quel pékin, qu'il soit dévot ou ne le soit pas, se sent capable de vous faire la lecture d'un retable, d'un vitrail ou d'un chapiteau médiéval.
Eh bien, j'avoue quant à moi ne pas savoir lire cette image, que je propose ; image pourtant parfaitement située dans son contexte !
Alors, si quelqu'un, d'un côté de la Méditerranée ou de l'autre...



Adolphe Alfred Michel JUNOT,
3e duc français d'ABRANTÈS
(Ciudad Rodrigo, Espagne, 1810 - 
Bataille de Solférino, Italie, 1859)
Ouled Aïdoun soumis,

aquarelle sur traits de crayon, titrée et datée 
en bas et à droite : O. Aidoun soumis, 6 juin [18]52,
120 x 85 mm
(d'une suite réalisée entre 1840 et 1852
lors de la conquête de l'Algérie),
sous encadrement moderne, 305 x 255 mm
© Coll. Hervé MOLLA - 2020



Et si j'accroche côte à côte ces deux aquarelles ? 
Ces deux aquarelles de la même main, réalisées à quelque trois ans et un millier de kilomètres d'écart, et parmi d'autres, virtuelles, ainsi qu'il est précisé dans les cartels que j'ai intégrés, dans leur encadrements modernes, si l'on ne comprend pas, c'est qu'on ne veut rien comprendre.
Et surtout ne pas réfléchir !
Mais on reste bon pour les slogans publicitaires.



Hervé MOLLA
Thirteen years,
installation de deux aquarelles légendées
d'Adolphe JUNOT,

dans leurs encadrements modernes,
340 x 370 mm & 305 x 255 mm,
écartement variable

© Coll. Hervé MOLLA - 2020


Bonus :
que l'on peut écouter en contemplant.

9 décembre 2020 - Pendant le Second Confinement, j'ai continué d'opérer grâce à mes cueillettes

Nature morte / Still Life
Figues de Barbarie sauvages
au plat d'argent,
21 figues de Barbarie récoltées
par Street Artist RV Molla
à proximité de la tour des Anglais,
dans un rayon d'un kilomètre de son domicile
(et plus généralement en conformité
avec les mesures réglementaires en vigueur
lors du Second Confinement),
11 novembre 2020,
plat d'argent (poinçon au vieillard ;
bordure rapportée à motifs de rais-de-cœur
& poinçonnée à la Minerve)
© Hervé Molla - 2020


On en était resté là de l'action de la seconde tour,
opérée dans les premiers jours du Second Confinement,
et renouvelée mainte fois depuis, alors qu'il durait ;
et c'était comme par magie que 21 figues de Barbarie sauvages
s'étaient retrouvées disposées sur un plat d'argent puis,
épluchées comme par la même magie qui continuait d'opérer,
sur une assiette de faïence issue elle aussi du commerce circulaire, via une recyclo-ressourcerie inconnue, mais forcément solidaire et équitable.



Nature morte / Still Life
Figues de Barbarie sauvages
à l'assiette de faïence,
21 figues de Barbarie récoltées et pelées
par Street Artist RV Molla
lors du Second Confinement
© Hervé Molla - 2020


Mais il faut peut-être rappeler que, ce qu'en France on nomme « figuier de Barbarie, et qui produit des fruits du même nom, n'est pas originaire de « Barbarie » où la plante n'a fait que s'acclimater ; et plutôt mieux que bien.
L'ignorance qui était la mienne à propos de la pseudo-tour  « barbaresque » de ma backyard (et alors que j'aurais dû en connaître l'architecte, Jacques Philippe MARECHAL, pour la raison supplémentaire qu'une autre de ses réalisations, les Jardins de la Fontaine à Nîmes, avait accueilli une quinzaine d'années plus tôt mon installation L'Enlèvement d'Europe / The Rape of Europa), oui, cette ignorance peut connaître bien des équivalents !
Certains peuvent ainsi, par un curieux mécanisme intellectuel, confondre la figue sultane (produite par Ficus carica) et la figue de Barbarie (produite par Opuntia ficus indica). Ils risquent de ne pas en être fâchés !
En Afrique du Nord, la « figue de Barbarie » est encore appelée la « figue des Romains », ou bien aussi la « figue des chrétiens ». 
A cause de ses épines, évidemment, elle est toujours la figue de l'autre ou de l'ailleurs. Elle est même dite la « figue du diable », c'est dire ! puisque le diable, c'est toujours l'autre ; ou bien la « figue des Indes », un ailleurs absolu en quelque sorte puisqu'il se situe aussi bien à l'est qu'à l'ouest.
Sans doute a-t-on voulu dire par là qu'elle venait des Indes occidentales ; ce qui est juste, selon le point de vue du locuteur. Du Nouveau Monde - même s'il commence à n'être pas si nouveau, à force.
On ne compte pas les noms qu'elle y porte !
En náhuatl, la plante se dirait nopalli, et le fruit nochtli.
Ici, on dira donc désormais « fruit de nopal ».
On peut mener ses propres recherches ; et établir ses propres conclusions provisoires.
Le nopal serait né du cœur de Copil, le fils de Malinalxóchitl - une des nombreuses figures du féminin démonisé ; et il est vrai qu'une fois pelés, les fruits de nopal, du moins ceux-ci que j'ai cueillis et accommodés, ont l'air de petits cœurs...



Nature morte / Still Life
Pelures de fruits de nopal
au plat d'argent,
épluchures sans nombre de fruits de nopal sauvage,
cueillis localement et
accommodés par Street Artist RV Molla
lors du Second Confinement,
plat en argent du Nouveau Monde,
intégré dans le commerce circulaire,
 façonné secondairement, et jusqu'à la bordure
ultimement rapportée, aux motifs de rais-de-cœur

© Hervé Molla - 2020



Frottis frais d'épluchures
de fruits de nopal sauvage et local
sur chutes de papier Canson®
© Hervé MOLLA - 2020



Onglets sans nombre (19 x 19 mm chacun)
 de Canson® frotté aux épluchures
de fruits de nopal sauvage et local,
sur plat d'argent déjà mentionné
© Hervé MOLLA - 2020



Onglets sans nombre (19 x 19 mm chacun)
 de Canson® frotté aux épluchures 
de fruits de nopal sauvage et local
© Hervé MOLLA - 2020


Composition disruptive en 441 onglets,
composition : 100% fruits de nopal sauvage

(Opuntia ficus indica)
et « local »,
collage sur Canson®, 500 x 500 mm,
titré en bas et à gauche,
signé en bas et à droite, et daté « nov. 2020 »
(lors du second confinement,
et œuvre initiale d'une importante série)
© Hervé MOLLA - 2020




Composition disruptive en 441 onglets,
composition : 100% fruits de nopal sauvage

(Opuntia ficus indica) 
et « local »,
collage sur Canson®, 500 x 500 mm,
titré en bas et à gauche,
signé en bas et à droite, et daté « nov. 2020 »
(lors du second confinement, 
et œuvre initiale d'une importante série),
détail

© Hervé MOLLA - 2020




Composition disruptive en 441 onglets,
composition : 100% fruits de nopal sauvage

(Opuntia ficus indica) 
et « local »,
collage sur Canson®, 500 x 500 mm,
titré en bas et à gauche,
signé en bas et à droite, et daté « nov. 2020 »
(lors du second confinement, 
et œuvre initiale d'une importante série), 
détail

© Hervé MOLLA - 2020



Composition disruptive en 441 onglets,
composition : 100% fruits de nopal sauvage

(Opuntia ficus indica) 
et « local »,
collage sur Canson®, 500 x 500 mm,
titré en bas et à gauche,
signé en bas et à droite, et daté « nov. 2020 »
(lors du second confinement, 
et œuvre initiale d'une importante série), 
détail

© Hervé MOLLA - 2020